Eolien offshore en Vendée

Le conseil général a gagné une bataille, mais n’a pas gagné la guerre
samedi 5 juin 2010 par William Chevillon dans Local

La société française WPD mène un projet de parc éolien offshore d’une centaine d’éoliennes au large des îles d’Yeu et de Noirmoutier. Cet aménagement d’envergure dont la mise en service est prévue pour 2014 est vivement critiqué par le conseil général depuis sa naissance.

Le premier argument développé par la majorité départementale est que « les éoliennes tournent au pétrole ». Cet argument cherche à prouver que le parc des deux-îles par sa forte production, nécessite l’appui d’une nouvelle centrale thermique pour pallier aux variations de production électrique. Or, la zone choisie par WPD est située à 60Km de la centrale électrique de Cordemais qui pourra donc parfaitement jouer son rôle de régulation de la production. De plus, ce projet, s’il était suivi de la création d’autres centrales d’énergies renouvelables (solaire, Biomasse...) dans la région, permettrait de fermer un des quatre réacteurs (à fioul et à charbon)de la centrale de Cordemais tout en sécurisant l’approvisionnement hivernal de la Bretagne.

Le second argument du conseil général de la Vendée concerne la soi-disante "dégradation du paysage" que causerait ce projet. Pour prouver ses dires, le département n’a pas hésité à publier dans son journal un photomontage grossier représentant l’impact du parc éolien sur le paysage vendéen. Or, le conseil général a largement sous-estimé les distances entre le parc et la côte, le parc éolien est représenté de façon désorganisée et imposante dans le paysage alors que dans la réalité son impact est limité (retrouvez à cette adresse. un rapport intéressant de WPD sur cette campagne de communication).

Un article de Ouest-France paru le samedi 5 Juin dernier (cf fichier PDF en bas de l’article), fait état de la réunion de concertation sur le projet qui a eu lieu la veille aux Sables-d’Olonne. Le classement du parc des Deux-îles en projet de seconde importance par le ministère de l’écologie laisse un boulevard pour le conseil général qui remporte ainsi une première victoire.

Or, l’État a choisi de favoriser un projet au large de la Loire-Atlantique, qui, selon les élus et responsables des comités des pêches de la région, est une aberration compte-tenu des gisements de coquilles Saint-Jacques présents au nord de la Loire.

L’intégralité des acteurs locaux et des associations écologistes sont favorables au projet des deux-îles pour des raisons environnementales (énergie propre, récifs artificiels pour la biodiversité marine...) mais également pour des raisons économiques comme la création d’une centaine d’emplois, la relance des chantiers STX de Saint-Nazaire ou encore l’attribution de recettes financières aux collectivités durement touchées par les restrictions de pêche.

Il est primordial que l’État revienne sur sa décision en renonçant à un projet au nord de la Loire et en favorisant le projet des Deux-îles. Il est également souhaitable que pour la pérennité de l’économie régionale et pour un meilleur approvisionnement électrique du grand-ouest, le conseil général stoppe de dépenser inutilement l’argent du contribuable vendéen avec une communication éloignée de la réalité.

Pour plus d’informations sur ce projet, vous pouvez également visiter ce site Internet : http://www.wpd-projetdeuxiles.fr/

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