Euthanasie : légaliser le droit de mourir dignement

N’avons-nous pas la liberté de disposer de notre corps ?
jeudi 13 mars 2008 par Lionel dans Santé



La problématique sur l’euthanasie revient aujourd’hui dans le débat avec la demande de Chantal Sébire à Nicolas Sarkozy, qui est défigurée par une maladie incurable.
C’est un sujet d’actualité et de l’évolution de la société : cette demande remet en question un dossier largement commenté il y a 3 ans avec l’affaire Florian Imbert et la loi Léonetti.

Nous ne pouvons pas tolérer les propos de Rachida Dati et de François Fillon. "Ce n’est pas notre droit. Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l’homme, sur le droit à la vie.", selon la Garde des Seaux. Comment peut-on justifier simplement par le droit, le refus de mettre fin à une souffrance de longue date et irréversible. Alors que cette demande est réclamée par le malade lui-même ? N’avons-nous pas la liberté de disposer de notre corps et donc de notre vie ? Est-ce à des médecins et à des juristes de décider de retenir quelqu’un contre sa volonté ?

Les propos du premier ministre sont du même tenant, "je pense qu’il faut avoir la modestie de reconnaître que la société ne peut pas répondre à toutes ces questions". Ainsi, il demande à tous les français de donner son avis sur le cas personnel d’un malade, vu que la justice est incapable de répondre à une question essentielle : "Peut on assister légalement une personne qui souhaite mourir ?".
Il poursuit par : "il reste la solution qui lui a été proposée qui est une solution qui de mon point de vue est acceptable", c’est-à-dire le placement dans le coma artificiel, sans nourriture ni eau, jusqu’à la mort. Là également, on arrive au même résultat, mais plus lentement et douloureusement ; en refusant tout simplement de modifier notre code civil sur ce sujet.

Le 26 mars 2007, Nicolas Sarkozy en pleine campagne déclarait : "Comment voulez-vous qu’un texte recense tous les cas de fin de vie ? Je veux que l’on fasse confiance au dialogue. C’est au patient, à sa famille et au corps médical de trouver la solution la plus adaptée. Je pense qu’il faut donc laisser une zone de liberté."
Il semble que le président ai modifié sa position à ce sujet et ne respecte pas une fois de plus les engagements de sa campagne.

En Europe, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg ont légalisé l’euthanasie. En Suisse, Norvège, Danemark, Allemagne, Autriche, Espagne, Suède, ou encore en Hongrie les médecins doivent respecter la volonté des malades incurables ou en fin de vie.

La France est elle incapable de s’adapter à l’évolution de la société, contrairement à ses voisins européens ? Les propos actuels du gouvernement tendent à le confirmer.
On peut également le rapprocher du débat sur la laïcité et le refus catégorique de l’église de tolérer l’euthanasie. Là aussi, la position du gouvernement est assez flou.
Si l’Etat avait toujours refusé d’évoluer alors l’avortement, l’abolition de la peine de mort n’auraient jamais vu le jour.
Mais il reste encore beaucoup de travail et il faudra beaucoup de volonté pour que la France redevienne pionnière en Europe dans les avancés sociales et humanistes.


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