Fête de la Rose 2006 à Sérigné
Chers amis, chers camarades,
Je tiens d’abord, au nom du MJS de Vendée, à remercier tous les militants socialistes qui ont contribué à l’organisation de cette fête de la Rose.
C’est avec un réel plaisir que je vois ici rassemblés en nombre militants et sympathisants socialistes vendéens, à la veille d’échéances fondamentales, pour les socialistes mais pas seulement : pour tous nos concitoyens, jeunes et moins jeunes.
Cette année, plus que n’importe quelle autre est décisive : 2006 marque en effet un triste anniversaire : celui de quatre années de gestion du pays par une droite décomplexée, plus que jamais libérale, et dont l’ambition est de casser toujours plus notre système social. Depuis 2002, elle s’en est prise successivement aux plus fragiles. La réforme Ferry a dans un premier temps privé les étudiants du statut salarié de maîtres d’internat et de surveillants d’externat. Plus grave encore, Raffarin a mené à son terme une catastrophique réforme des retraites encore non financée à ce jour : il convient de le rappeler.
La remise en cause de la TIPP flottante, mise en place sous le gouvernement Jospin, n’a fait que restreindre encore un peu plus le budget déjà réduit des ménages les plus modestes. Depuis quatre ans, la cible ouverte a donc été cette catégorie de Français alors que ceux de nos concitoyens les plus favorisés l’ont été encore davantage par ce Gouvernement. La volonté affichée de certains députés UMP de faire passer en force une réforme de l’ISF illustre cette politique mieux que tout autre exemple, tout comme la réduction de l’impôt sur le revenu pour les plus aisés. Les exonérations de charges patronales avoisinent les 20 milliards d’euros alors que le déficit de la sécurité sociale - au combien utilisé par la droite à des fins politiciennes - s’élève, lui, à 12 milliards d’euros. Est-il besoin d’allonger la liste ? Nous tous, ici, en serions bien capables.
Un gouvernement qui a comme priorité de rendre les riches toujours plus riches et précarise de plus en plus les plus faibles, les plus démunis, est-il franchement guidé par l’intérêt général ? Mérite-t-il la confiance populaire ?
Nos concitoyens ne se laissent plus abuser : pour 80 % d’entre eux, Villepin n’est pas un bon premier ministre. Qui en doutait encore ?
Triste image de la France également à l’étranger. En effet, notre politique extérieure elle-même souffre de l’action menée par ce gouvernement. Qu’a-t-on fait de la position courageuse de 2003 ? A-t-elle été exploitée ? En aucune manière. Empêtré en Côte d’Ivoire, dans l’affaire iranienne, ainsi qu’au Tchad plus récemment, le Quai d’Orsay semble naviguer à vue, au gré des événements. Fermetures d’alliances françaises et de lycées français à l’étranger succèdent à une réduction drastique des moyens donnés à notre diplomatie. D’ailleurs, les résultats de l’actuel occupant du bureau de Vergennes pourraient laisser croire que ce dernier a sans remord troqué son diplôme de médécein généraliste pour celui d’anesthésiste.
Ces quatre dernières années ont, enfin, mis en lumière la conception que le clan Chirac-Sarkozy a de la politique : autoritarisme, règlements de compte à la tête de l’Etat, déni démocratique, népotisme, affairisme... Depuis quatre ans, la droite a accompagné dans la déchéance un régime déjà à bout de souffle. A la une de Paris Match ou sur les divans en velours de Michel Drucker, la droite a communiqué à outrance, encore et encore, faisant de la politique à l’américaine... Notre pays, lui, est au bord du gouffre !
Nous pouvons aujourd’hui, vous le voyez mes chers camarades, affirmer haut et fort que la droite nous conduit chaque jour un peu plus vers le désastre : désastre conomique, désastre politique, désastre avant tout social !
Une fois ce noir constat effectué, est-il utile de rappeler que 2006 est également une année pré-électorale ?
En 2007, il ne s’agira pas de mettre un pansement sur les plaies béantes que la droite a laissé dans notre société. Une fracture ne se soigne pas avec du sparadrap ! 2007 est une chance pour tous ceux qui ne pourront pas attendre plus longtemps et pour qui la gauche est la seule chance de retrouver confiance en l’avenir, ne les décevons pas.
La gauche ne pourra pas s’arrêter à la promesse de lendemains qui chantent, il faudra proposer un projet replaçant au coeur de l’action publique des valeurs et des principes : l’égalité, la justice sociale, le respect de la démocratie et des idéaux républicains. Il nous faudra également montrer que la gauche et la droite n’ont pas la même façon de faire de la politique : transparence, écoute et responsabilité devront nous guider jour après jour. L’éthique politique devra être notre boussole !
Si nous revenons aux responsabilités, et je le souhaite pour tous nos concitoyens, il nous faudra annuler les réformes libérales mises en place par la droite : car si la jeunesse, aidée des salariés, a réussi à défaire le soldat Villepin et son CPE, le CNE, lui, continue de s’appliquer pour des milliers de salariés. Nous nous devrons d’y mettre fin.
Il ne nous faudra pas cette année réitérer les erreurs du passé : le projet porté par les socialistes devra être un projet clairement socialistes, répondant véritablement aux attentes de l’ensemble des Français, à commencer par les plus faibles d’entre eux ; notre base sociale.
Pour ces raisons, les jeunes socialistes s’attacheront avant tout aux propositions du candidat ou de la candidate sans se préoccuper de sa cote de popularité ou de sa présence sur les plateaux télévisés. Ni homme providentiel, ni gravure de mode, le candidat qui nous fera gagner en 2007, ce sera notre projet ! Ne laissons pas les questions de société à la droite qui n’a plus peur d’afficher ses penchants réactionnaires et ne vise que le retour à une société patriarcale, d’ancien régime, régie par la bonne morale chrétienne.
Ne laissons pas les questions sociales à l’extrême-gauche qui sait si bien manier les incantations et le "yakafonkon" mais ne pourra jamais changer les choses et répondre aux aspirations concrètes de nos concitoyens, de plus en plus malmenés, voire matraités, par un système qui stigmatise, exclu, appauvri... A gauche, sachons être ambitieux et réalistes à la fois : comme disait Jaurès, "le courage c’est d’aller à l’idéal et comprendre le réel".
Mes chers camarades, ma génération n’a pas eu droit à son 10 mai 1981. Faisons en sorte, tous ensemble, qu’il en soit autrement.
Merci.
Matthieu BOISDRON, AF de Vendée.

- Ouest-France du 14 mai 2006








