L’Europe malmenée

En cette semaine de la solidarité internationale, il convient de se demander si l’entraide européenne, tant vantée en 1957, 1992 et 2009 est réelle, ou si il s’agit d’une chimère vouée à faire accepter un désastre politique et sociétal.
80 % des français sondés sur internet déclarent qu’il faut laisser la Grèce se débrouiller à résoudre la crise dont elle est victime. On est bien loin de l’esprit de fraternité supranationale qui nous était tant vanté par les médias et dirigeants européens en 2002 et 2004. Il ne faudrait pas se méprendre à croire que l’abandon pur et simple de la Grèce par les instances européennes serait sans conséquences sur les autres pays de l’Union politico-monétaire.
L’Europe déjà instable, en refusant d’assumer sa part de responsabilité, se tirerait une balle dans le pied et laisserait la porte ouverte à l’effondrement de ce qui lui reste comme armature politique. Le fait de dresser les peuples les uns contre les autres est un mépris cruel des valeurs fondatrices de nos modèles démocratiques. La question à se poser n’est donc pas comment faire payer aux peuples une crise qu’ils subissent déjà, mais plutôt, quand va-t-on enfin sanctionner les responsables de ce marasme socio-économique.
Ils sont bien beaux les plans de rigueur imposés par les agences de notations – financées par des fonds publics et pratiquant des marges allant jusqu’à 58%, – mais alors que la croissance peine a reprendre, l’accroissement des inégalités sociales et la baisse prévisible d’activité dans le BTP n’arrangeront rien. Les autorités françaises savent pertinemment que le « triple A » qui nous est décerné n’est qu’une illusion ; mais c’est un élément suffisant pour reléguer la justice sociale et environnementale à un second plan.
Les dérives que nous voyons là sont en partie dues à la cession de l’Europe à n’importe qui. Aussi, le traité de Lisbonne n’a fait qu’accroître la suprématie des chefs d’États, eux-mêmes influencés par les banques. Qu’en est-il alors de la réalité démocratique occidentale ?
On se pâme devant notre modèle politique égalitaire, intègre, respectueux … Et pourtant, depuis que deux personnages ayant un charisme de vers-de-terre asthmatique sont censés « représenter l’Europe au plus haut niveau de la scène internationale » (c’est le Traité de Lisbonne qui le dit), l’Union Européenne n’est plus qu’une confrérie de chefs d’États souverains sur tous les fronts.
Le problème n’est pas prêt d’être résolu, car les nouveaux dirigeants de la Grèce de l’Italie et de la Banque Centrale Européenne ont tous fait leurs premières classes chez « Goldman Sachs » qui n’est pas sans lien avec l’instabilité financière mondiale … Il convient de se demander qui des marchés financiers ou du peuple tient les ficelles du jeu politique européen, puisque la chute des gouvernements grecs et italiens est essentiellement due aux pressions des marchés financiers.
L’Europe que nous connaissons actuellement n’a strictement aucune légitimité auprès des populations et des centres décisionnels mondiaux. Dès que l’on parle de l’instabilité de la monnaie unique, on évoque une possible disparition de l’Europe des 27.
Cette réflexion est révélatrice du fait que l’Europe sociale, environnementale et politique est occultée par une union purement monétaire, donc incomplète. Le processus démocratique européen est verrouillé par le refus catégorique de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel de perdre leur pleine suprématie.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes fait des propositions vouées à développer une nouvelle dynamique européenne via notamment un renforcement du Parlement européen et la VIe république. Les organisations économiques telles que le FMI, l’OMC ou le G 20 ne doivent plus continuer à régir la vie mondiale sans que des institutions comme l’ONU et l’UE ne puissent avoir leur mot à dire.
Nous aspirons à une Europe solidaire, humaniste et démocratique pas à une entité géographique gouvernée par les banques, les marchés financiers et les agences de notation !








