L’agriculture française en perdition

Alors qu’une grave sécheresse touche une bonne partie du territoire français, les agriculteurs vont devoir subir de nouvelles mesures injustes d’un point de vue social et environnemental.
Le gouvernement a annoncé la semaine dernière que la taxe à la nuitée des hôtels de luxe ne sera pas mise en place, et ce, pour rassurer la profession qui craint de voir son chiffre d’affaire baisser. Néanmoins, malgré une chute des revenus des exploitants agricoles, l’État a acté l’augmentation de la TVA dans l’agriculture … Cette mesure n’a pas fait grand bruit, mais couplée aux deux suivantes, elle risque d’avoir de lourdes conséquences.
En effet, la décision rendue le 28 novembre par le Conseil d’État qui consiste à supprimer le moratoire sur le maïs Mon810 (autrement-dit, OGM) a fait gagner Monsanto face au gouvernement français. Les ministères de l’agriculture et de l’environnement se sont farouchement opposés à ce que les OGM soient à nouveau autorisés en France. Cependant, une proposition de loi UMP (qui a été adoptée) va à l’encontre de la volonté affichée de l’État. Et pour cause, les agriculteurs n’auront plus le droit de réutiliser librement leur récolte pour réensemencer. C’est là que le bât blesse car la contradiction est considérable entre les deux positions tenues par la droite. D’une part, on refuse de voir les agriculteurs soumis à la culture OGM Monsanto, mais d’un autre côté, on rend les exploitants dépendants des grosses multinationales qui fournissent les semences. La maîtrise des productions n’est plus dans le camp des agriculteurs, mais dans celui des firmes qui n’ont pas tellement de soucis financiers …
L’agriculture française s’apprête à connaître un recul majeur, la dépendance des exploitants des pays du Sud, et les problèmes financiers qui en résultent ne sont désormais pas si éloignés de nos campagnes. Alors que l’étalement urbain est toujours aussi considérable et que les conditions climatiques de plus en plus incertaines, c’est un coup de sabre donné en plus dans ce qu’il reste de l’agriculture française. Nous ne pouvons pas accepter une dépendance de plus auprès de groupes qui ne respectent pas les exigences environnementales et sociales. Une agriculture du XXIe siècle, c’est une agriculture qui offre des revenus décents et qui protège le cadre de vie et l’équilibre naturel.
Malheureusement ce modèle agricole s’éloigne car la profession est dans une situation toujours plus fragile.








