Meeting de soutien à Jacques Baud

candidat sur la 3ème circonscription de la Vendée
jeudi 7 juin 2007 par Lionel dans Présidentielles/législatives 2007



Meeting de soutien à Jacques Baud
Jeudi 7 juin 2007

Salle de la Licorne, Olonne-sur-Mer

Chers amis, chers camarades,

C’est avec beaucoup de plaisir que le Mouvement des Jeunes socialistes de la Vendée, que j’ai le grand privilège de représenter depuis déjà fin 2005, s’associe aujourd’hui à cette soirée de soutien à la candidature de Jacques Baud sur la 3ème circonscription. A cette occasion, je tenais à le remercier d’avoir si sympathiquement convié les membres de notre organisation à se joindre à vous tous, ce soir.

Si, depuis le dimanche de ces si tristes élections, est grande notre déception ainsi que celle de tous les sympathisants de gauche, elle ne doit avoir d’égale que notre ferme détermination à ne pas laisser le champ libre à Nicolas Sarkozy et à ses tristes séides.

Car oui, chers camarades, chers amis, déjà le nouveau gouvernement fait montre de velléités de réformes synonymes d’encore plus de casse sociale. Cette politique d’exclusion s’inscrit dans la droite ligne de celle initiée par MM. Raffarin et Galouzeau de Villepin dont le travail de sape et de préparation à des mesures plus dures ne doit pas être négligé aujourd’hui. Déjà, la volonté de mettre en place un bouclier fiscal affirme l’ambition de servir les intérêts particuliers des amis financiers du Président de la République, au détriment de l’intérêt général. Dans ces conditions, je suis sûr de ne pas être le seul à trouver, ici notamment, que cette conception de la politique rend particulièrement excessif le prix de la location du yacht de M. Bolloré et exorbitant le coût de la croisière en Méditerranée que s’est offerte, tout juste élu, le nouveau chef de l’Etat. Déjà, la défiscalisation des heures supplémentaires marque la volonté de livrer le code du travail à la plus crasse des autodafés. Déjà, le projet de franchise hospitalière - scandaleusement injuste et injustifiée - révèle les premières attaques que subiront immanquablement, ce n’est qu’une simple question de temps, l’hôpital public et la sécurité sociale. Alors oui, je suis d’accord avec notre flic-président, celui qui restera notre éternel ministre de l’intérieur : le sarkozysme - cette idéologie néo-libérale en devenir - fait rupture. Mais cette rupture, mes amis, c’est celle de Mme Thatcher, c’est celle de M. Reagan, c’est celle de MM. Aznar, Berlusconi et Barosso réunis. Cette fameuse rupture, elle est droitière, réactionnaire. Elle servira - que dis-je ! - elle sert déjà, les plus riches, les puissants, et elle se fera au détriment des plus pauvres, des précaires et des exclus. Cette rupture aggravera la fracture sociale. Car pour financer les cadeaux fiscaux du gouvernement, M. Fillon devra, par exemple, augmenter la TVA de quelques points. De fait, tous paieront les avantages offerts à quelques uns qui ne comptent pourtant pas parmi les plus à plaindre. Cette rupture sera aussi d’autant plus profonde si nous laissons l’abattement dans lequel se trouvent toutes les forces de gauche prendre le dessus.

La rupture sarkozyste est également outrageusement atlantiste. Nous devrons être particulièrement vigilant à l’évolution de notre politique extérieure. La nomination au Quai d’Orsay de Bernard Kouchner qui a soutenu en son temps, je le rappelle, l’invasion américaine de l’Irak et qui est favorable aux conceptions interventionnistes venues d’outre-atlantique, est en conformité avec les vues du Président de la République. Le soutien officiel accordé à l’occasion du scrutin de dimanche par l’UMP à Arnaud Klarsfeld, que l’on sait intime avec la droite radicale israélienne, est un autre signe inquiétant qu’il convient d’apprécier et de prendre en considération.

Alors, chers amis, ne nous y trompons pas, M. Fillon - car il faut tout de même en dire un mot - dont l’arrogance seule peut rivaliser avec l’ego, n’a qu’un souhait, qu’une motivation : prendre une revanche ; prendre sa revanche tout autant sur ceux qui l’ont évincé du précédent cabinet que sur ceux qui lui ont ravi les clefs de l’hôtel de région des Pays de la Loire. M. Fillon ira donc - soyons-en sûr - à l’épreuve de force. Ce jour là, tous les socialistes seront dans la rue pour défendre notre système de protection sociale, fondement même du pacte républicain, gravé dans le marbre de notre constitution, et propre à la Nation française depuis la victoire de 1945. M. Sarkozy est - la campagne nous l’a révélé - un fervent adepte des hommes politiques et des penseurs de gauche. Qu’il médite, lui et ses porte-flingues, sur cette phrase de Léon Blum : " Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence. " M. Sarkozy, lui, veut la liberté totale du marché, la dérégulation de notre fiscalité, au prix de toutes les garanties sociales !

L’autre problème que pose l’arrivée de cette droite dure et décomplexée au pouvoir interroge également l’éthique et la morale politiques. A l’occasion de la récente venue d’Arnaud Montebourg à la Roche-sur-Yon dans le cadre de la campagne présidentielle, j’avais déjà fait état de la crainte que l’affairisme n’accompagne naturellement et concomitamment cette vague libéralo-conservatrice. Je ne m’étais hélas pas trompé : M. Juppé a été nommé ministre d’Etat. M. Balkany, vous le connaissez sans doute : c’est le maire de Levallois-Perret, le député UMP, le proche de Sarkozy, qui faisait creuser sa piscine et entretenir son jardin par les agents municipaux de sa commune aux frais du contribuable. Bref, ce dernier est bien placé dans l’équipe présidentielle et en passe d’obtenir quelque gratification. M. Carignon - enfin, vous l’attendiez tous ! - peut-être bientôt futur député de l’Isère, à Grenoble, adoubé personnellement par M. Sarkozy et l’UMP. Quel retour en grâce ! Pour nous, socialistes, qui défendons une République indépendante des pouvoirs économiques, ces dérives nous affligent profondément. Nous ne pouvons et nous ne devons tolérer de telles compromissions. Là réside l’essence du beau projet de VIème République que porte le PS. Il faut en finir avec la cooptation dont font preuve les satrapes locaux (n’est-ce pas M. Guédon, n’est-ce pas M. de Villiers ?), il faut en finir avec le règne du copinage et des passe-droits de toute sorte.

Nous devrons, militants et sympathisants du parti socialiste, camarades du PCF (Parti Communiste Français), des Verts, du MRC (Mouvement Républicain et Citoyen) et bien sûr du PRG (Parti Radical de Gauche) nous atteler à la difficile tâche d’opposition qui nous attend avec acharnement et obstination. La lutte passe inéluctablement par les élections législatives qui viennent. Le PS et ses alliés de gauche doivent disposer à l’Assemblée nationale d’un nombre suffisant de députés pour se faire entendre et pour mener les rudes batailles sociales qui nous attendent inévitablement. J’appelle donc tout à chacun, au nom de la fédération du MJS de la Vendée, à se rendre aux urnes en nombre, et à voter en faveur du candidat de gauche le mieux placé et ce, dès le premier tour.

Les citoyens de cette circonscription qui ont donné leur suffrage à Ségolène Royal et ceux pour lesquels une majorité UMP n’est pas la solution adaptée aux problèmes de la France, voteront, j’en suis sûr, en faveur de Jacques. Ceux qui, au plan local, sont lassés du manque de concertation dont fait preuve le maire des Sables d’Olonne et sont agacés par ses méthodes autoritaires au sein du Conseil municipal feront de même. J’ajoute qu’y compris dans son propre camp, certains sont convaincus qu’après tant d’années d’exercice sans partage du pouvoir, l’âge de la retraite est plus qu’atteint. D’autres enfin sont ulcérés, et avec raisons, par les compromissions dont fait preuve la fédération UMP de la Vendée, dirigée par M. Guédon, avec le MPF de M. de Villiers. M. Frimaudeau, pour avoir dénoncé ces marchandages avec l’extrême-droite villiériste, en a d’ailleurs payé le prix fort ; à savoir une exclusion pure et simple. A toutes ces personnes je dis simplement que s’il elles veulent un vrai changement, une véritable rupture, c’est vers la gauche, c’est vers les socialistes, c’est vers Jacques qu’elles doivent se tourner, résolument et avec confiance.

Merci à tous.


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